vendredi, 16 novembre 2007

FÊTES COMME SI !

bed5832510f77d2169ea5d0190c46aed.jpgDès la fin du mois de novembre, la vermine a commencé à grouiller dans les temples commerciaux. Comme les feuilles mortes qu’on ramasse à la pelle témoignent de l’automne, la sacro-sainte période des « Fêtes » est annoncée par le flux exponentiellement croissant des moutons blancs venant se faire tondre « à l’insu de leur plein gré ». Si les autres animaux étaient pratiquants de cette célébration apostocapitalistique, on verrait non-seulement « les crocodiles se présenter dans les maroquineries », mais également les oies se gaver, les saumons se fumer, les huîtres s’ouvrir, les dindes se marronner, les visons se dépecer, les renards se déqueuter, les rhinocéros se décorner, les éléphants se défenser, les requins se désaileroner et les baleines se dégraisser. Mais seul l’Homme, extraordinaire et unique bête, dont l’orgueil n’a d’égal que l’ineptie, passe à la caisse.
Une fois le compte à rebours déclenché, la machine humaine est lancée. La société moderne va s’adonner éperdument à sa raison d’exister, va se vautrer dans son essence propre (puisque raffinée) : elle va consommer ! Elle va le faire goulûment, frénétiquement, aveuglément, stupidement, jusqu’au dernier moment et jusqu’au dernier eurodollar. Elle va acheter, payer, raquer, casquer, elle va additionner sans compter, elle va soustraire tout ce qu’elle pourra, elle va multiplier les petits sapins, elle va diviser pour mieux régner. Tous ces petits occidentaux, au cœur gras mais sec à la Foi, vont soulager leur conscience d’égoïstes en vidant leur bourse d’eunuques. Ils espèrent voir briller les yeux des autres des feux de leur argent. Ils se veulent généreux, ils sont dispendieux. Ils pensent faire plaisir à leurs enfants, ils les gâtent, ils les gâchent, pire, ils les achètent aussi ! Plaisir d’offrir, joie de pourrir ! Cherchez l’intrus : cado, catho, facho, maso, sado, salo, scato ?
Cette ruée vers l’or dure plusieurs semaines pour s’achever dans un sprint massif. Le peloton des clients est nerveux, pressé, stressé et sans fin. On y joue du coude, du caddie et du pare-chocs. Les courses alimentaires sont maintenant les plus âprement disputées. Car, ils ne vont pas s’en cadeauter les uns les autres le ventre vide, et encore moins s’encadeauter à sec ! Alors ils vont manger et boire. Boire et manger à en dégueuler parfois, à en crever, un jour… Ils vont absorber, avaler, bâfrer, bouffer, boustifailler, dévorer, engloutir, gueuletonner, ingérer, ingurgiter, picoler, se bourrer, s’empiffrer, se goinfrer, se saouler : ils vont réveillonner !

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Ils vont le faire une première fois, pour célébrer la première naissance du premier, et dernier à ce jour, messie biblique. Des scientistes consciencieux ont bien démontré que le premier petit chanteur (de cantiques) à la croix de bois était plutôt né au printemps. Mais qu’à cela ne tienne, les chrétiens ont fait de la publicité mensongère leur leitmotiv et même leur fond de commerce. A quelques années près, on n’aurait pas parlé de l’enfant d’Israël, fils du Saint-Esprit et d’une mère vierge, mais de l’enfant de Raël, fruit de la génétique et d’une (trompe de) Fallope. Les plus fanatiques se rendront donc, à l’heure du crime, dans les centres de prières.
Les autres, (presque) tous les autres, communieront en famille, avec la cheminée comme autel et le père Coca-cola pour prédicateur. Après l’avoir promis, profitant de l’aubaine pour faire de l’autorité parentale un chantage mercantile, ils vont attendre ce gros pédophile à la soutane clownesque, à la barbe à papa et la hotte à (Ali) Baba. Les enfants, encore confiants en leurs parents, ne verront jamais « le vrai », puisqu’il n’existe pas ! Mais ils vont y croire, par candeur et par intérêt : le père Noël, c’est le bon Dieu des enfants ! Et lorsqu’ils n’y croiront plus, leurs géniteurs seront contents de constater que leurs petits ont grandi, tandis que les gamins comprendront, parfois, qu’on leur a déjà menti. Ils ne tarderont pas à savoir qu’On est un Con…
Toujours est-il, qu’en cette occasion, le dualisme du monothéisme saute aux yeux du voyant autant qu’il aveugle les croyants : le fils du Grand Trésorier Céleste naissant entre une vache folle et un âne batée, les rois mages déguisés en rennes pour accompagner leur VRP de multinationale, le souverain pontife retransmis par les rois du pétrole audiovisuel et les dociles fidèles remplissant béatement les troncs-enregistreurs. Jamais plus, qu’à cette époque, la religion est un commerce et le négoce un dogme. Cependant, il est à souligner, que si l’on ne jure que par Eux, le Dieu Argent, contrairement à l’Autre, est Lui visible et palpable. Pour ma part, au-delà du dégoût provoqué par tant d’abondance et d’ opulence, il y a le mépris pour si peu de conscience et d’intelligence. Le noëlitique m’apparaît comme l’apogée du judéo-chrétinisme.

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Toutefois, cette cérémonie d’ ouverture n’est qu’une réjouissance préliminaire. Une semaine s’écoule avant le spasme final : pendant sept jours ils se chipotent les restes, durant six nuits ils soignent leur pipe en bois en transpirant de tous leurs pores dans des draps pas toujours immaculés. La tension monte dans la moiteur des foyers surchauffés. Au crépuscule du dernier soir, ils sont gonflés à bloc. L’habit du dimanche est enfilé, les toilettes vaporeuses vont de paire. Au premier coup de minuit la partie de plaisir atteint son point culminant. Les lèvres s’écartent. Les bouches sont bées. Les gorges sont béantes. Au douzième coup de gong ils étreignent, embrassent, bisent et reluisent de bonheur. Les bouchons sautent avec précipitation. Le nectar mousseux jaillit avec précocité. Les chopines s’entrechoquent gaiement. Les cravates se dénouent sur les poitrines. Les langues se délient et s’agitent. Les insanités s’ éructent sans retenue. Les corps s’agitent en rythme. Les esprits se masturbent en cadence. Les intimités s’échangent librement. Les passions se préservent gentiment. Les virus se transmettent méchamment. Les heures se comptent. Le temps s’égoutte. Le sommeil gagne. Le jour se lève : c’est la nouvelle année !
L’aspect numéral de la grand messe sus décrite ne semble nullement déranger les esprits ovins. Pourtant, croire que le magicien de Bethléem naquît en l’an zéro est une gageure et considérer qu’il existe des siècles négatifs est tendancieux. Ce repère temporel est une source bénite et frelatée. Cet historique compteur universel n’est qu’un symbolique et arbitraire cadran cathoccidental qui suscite sournoisement la négation des homos, des grécos, des latinos, des sinos et autres négros. Pour mémoire, l’âge de notre planète est estimé à 4,6 milliards d’années, l’homo sapiens sapiens serait apparu il y a presque cinquante mille ans et l’écriture est née avant les Ecritures. Conquête de l’espace et maîtrise du temps sont l’apanage des blancs : leur terre est polluée, souillée et menacée, leur temps est canonisé, monopolisé, capitalisé, fiscalisé et compté !

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Car leur époque n’est pas formidable. Chez eux, les exclus se font refroidir jusque dans les beaux quartiers et les miséreux sont aculés au désespoir. Ailleurs, presque partout ailleurs, la famine, la maladie et la dictature luttent implacablement contre la surpopulation. Partout, la liberté est tarifée, l’égalité est prohibée et la fraternité quasiment abolie. Pourtant l’année ne fait que débuter. Bientôt, ils vont galetter, valentiner, pâquer, haloweener, etc… Ils sont contents, consternants, contagieux, conditionnés, configurés, conformistes, confédérés, consubstantiels, concourants, congénères, congénitaux, consanguins, confrères, consœurs, conjurés, consacrés et condamnés.

MÔA



RENAUD

Le Père Noël noir

Commentaires

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COMPAGNIE DE JESUS

VATICAN ASSASSINS

Quant à la représentation du "père noel", elle remonte aux années 1920 ... quand la société COCA COLA a lancé ce design ravageur ! rien à voir avec Bethleem

Ecrit par : ANTIRACKET | mardi, 20 novembre 2007

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